Intelligence Artificielle et santé, quels champs d’application ?

Par Rémi Odemard Le mardi 28 novembre 2017

L’Intelligence Artificielle (IA) connait un développement sans précédent depuis quelques années. Tous les secteurs d’activité sont aujourd’hui concernés et dans le domaine de santé elle laisse augurer de belles avancées. Le marché de l’Intelligence Artificielle appliquée à la santé devrait atteindre 6,6 milliards de dollars en 2021 d’après le cabinet Frost & Sullivan.

Les géants du web et des nouvelles technologies s’y intéressent tout particulièrement et multiplient les investissements en la matière, comme en témoignent Google Brain, la nouvelle branche de recherche scientifique de Google ou encore le déjà célèbre Watson, le programme d’Intelligence Artificielle d’IBM.

Conscient des enjeux colossaux de l’Intelligence Artificielle pour les prochaines années, le gouvernement confiait en septembre dernier au député et mathématicien Cédric Villani la mission d’élaborer une « stratégie nationale sur l’intelligence artificielle », une stratégie dans laquelle la santé aura naturellement une place de choix.

Aide au diagnostic, prévention, suivi personnalisé, … quels sont les champs d’application de l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la santé ?

Une aide au diagnostic précieuse

S’il ne s’agit pas (encore) de remplacer le médecin, l’IA, en s’appuyant sur des volumes de données considérables (symptômes, résultats d’analyses, imageries médicales, diagnostics de patients similaires, …), sera capable d’aider le médecin dans l’établissement d’un diagnostic plus précis, plus rapidement. L’IA a ainsi déjà démontré toute son efficacité pour diagnostiquer certains cancers, comme dernièrement où une équipe de chercheurs japonais a développé une IA capable de prévenir un cancer colorectal avec un taux de précision de 86%.

Vers une médecine préventive

L’IA devra donc permettre de passer progressivement d’une médecine curative à une médecine préventive, l’objectif étant de stopper la maladie avant qu’elle ne se déclare. En France plus de 20 millions de patients sont atteints de maladies chroniques dont la plupart pourraient être prévenues. Les enjeux sont donc colossaux, qu’ils soient médicaux ou économiques.

Vers une médecine plus personnalisée

Couplée à des systèmes permettant une surveillance continue du patient (applications mobiles, objets connectés, implants), l’IA va permettre d’améliorer la prise en charge des patients et de tendre vers une médecine beaucoup plus personnalisée grâce à une adaptation continue des soins et des traitements.

Un suivi épidémiologique plus performant

Des systèmes d’IA associés à une collecte de données épidémiologiques à grande échelle et à d’autres bases de données de santé constitueront une aide précieuse pour les pouvoirs publics, de la prise de décision à l’évaluation des politiques de santé mises en place.

De nouvelles perspectives pour le maintien à domicile

Avec l’augmentation continue du vieillissement de la population – la France comptera 30% de personnes de plus de 60 ans d’ici 2035 – le maintien à domicile des seniors constitue déjà un enjeu majeur de santé publique. Là-aussi l’IA révélera tout son intérêt. Par exemple, grâce à des systèmes reposant sur du machine learning et des capteurs placés au domicile de la personne, il sera possible de détecter au plus tôt les premiers signes faibles de perte d’autonomie et d’intervenir au plus tôt pour y palier.

Parcours de soins

Pour les patients, parcours de soins rime encore trop souvent avec parcours du combattant. En automatisant certaines tâches (partage de l’information, prise de RDV, orientation des patients, secrétariat virtuel, …), l’IA proposera un parcours plus fluide et permettra aux professionnels de se recentrer sur leur cœur de métier.

Et la pharmacie dans tout cela ?

Si le pharmacien est encore rarement cité lorsque l’on parle d’Intelligence Artificielle appliquée au monde de la santé, son rôle sera pourtant essentiel dans le développement de ces nouvelles technologies.

L’efficacité d’une IA repose en grande partie sur les données collectées qu’elle peut exploiter. Les pharmaciens seront un maillon incontournable de cette chaîne de collecte de données. Données liées à la délivrance, bilans de médication, entretiens pharmaceutiques, pharmacovigilance, participation aux actions de prévention et dépistage, … , voilà autant de données collectées par les pharmaciens qui pourront venir alimenter les bases.

Les pharmaciens seront également en première ligne quand il s’agira de dispenser certains dispositifs intégrant de l’IA. On pense en particulier à des dispositifs permettant d’améliorer et de mesurer l’observance des traitements ou encore à des dispositifs évolués de maintien à domicile.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.