FOCUS Belgique : la prescription électronique

Par Aline Noël Le mardi 17 avril 2018

Depuis janvier 2017, la prescription électronique (ou Recip-e) existe en Belgique.  Créée dans le cadre du plan d’action « e-santé » du gouvernement belge,  cette évolution permettra à terme une objectivation des coûts en matière de santé. Gros plan sur cette révolution numérique chez vos confrères belges.

Comment fonctionne la prescription électronique ?

Comme son nom l’indique, la prescription électronique est une ordonnance dématérialisée. En Belgique, cette ordonnance électronique (ou Recip-e) utilise un service de messagerie non adressée puisque le prescripteur, au moment où il rédige la prescription, ne peut pas connaître le prestataire de soins vers lequel se tournera le patient.

Concrètement, le médecin-prescripteur se connecte sur la plateforme sécurisée e-Health du gouvernement belge à l’aide de sa carte d’identité. Grâce au module de prescription de son logiciel, celui-ci peut identifier son patient et prescrire toutes les médications ou produits pharmaceutiques (y compris les préparations magistrales et les produits parapharmaceutiques) reconnus en Belgique. Il peut également ajouter des informations utiles, telle que la posologie ou d’autres instructions, grâce à un champ de texte libre. Les différentes informations sont alors transmises à la plateforme Recip-e sous forme cryptée. La prescription reste stockée sur le serveur Recip-e sous forme cryptée jusqu’à la lecture de celle-ci par le prestataire de soins.

Pour récupérer une prescription électronique, le prestataire de soins, comme par exemple le pharmacien, doit également se connecter à la plateforme e-Health à l’aide de sa carte d’identité.

Actuellement, son logiciel d’officine doit pouvoir lire un code-barres (ou code RID) se trouvant sur la preuve de prescription, document-papier remis au patient par le prescripteur. Ce code-barres permet de télécharger et de décrypter la prescription électronique. A terme, cette « preuve de prescription » disparaîtra et le pharmacien pourra directement récupérer la prescription électronique sur base de l’identification sécurisée du patient.

Dans l’avenir, des plateformes web sécurisées seront également mises à disposition du patient, afin que celui-ci puisse consulter les prescriptions électroniques qui lui ont été délivrées ou en attente de délivrance.

La prescription électronique : quels avantages ?

La prescription électronique offre de nombreux avantages pour le patient, le prescripteur et le prestataire de soins :

  • Diminuer les erreurs liées à l’illisibilité de la prescription (médicaments à délivrer, grammage, posologie)
  • Éviter les falsifications d’ordonnances et les fraudes
  • Conserver les prescriptions de manières sécurisée et inaltérable avant leur délivrance par un prestataire choisi par le patient
  • Améliorer la communication et l’échange d’informations entre les prescripteurs et les autres prestataires de soins
  • Réduire l’utilisation du papier

La santé du patient avant tout

Si la prescription électronique doit se généraliser et devenir obligatoire au 1er juin 2018, les autorités belges veulent cependant garantir la santé du patient avant tout.

Pour cela, certaines exceptions ne seront pas soumises à l’obligation de la prescription électronique. Cela sera notamment le cas lorsque le patient ne possède pas de numéro d’identification belge, lorsque le prescripteur est âgé de plus de 62 ans ou dans le cadre de visites à domiciles et dans des institutions de soins.

Les organisations de patients belges réclament que la preuve de la prescription ne disparaisse jamais entièrement. Cela, pour notamment préserver les personnes n’ayant pas un accès facile à l’internet. Ces objections retarderont sans doute la dématérialisation complète de quelques années.

Recip-e en chiffres

A la fin de l’année 2017, environ 9700 médecins généralistes, 780 spécialistes, 3000 dentistes et 22 hôpitaux avaient déjà introduit des prescriptions électroniques via le système Recip-e. Cette même année, les 4860 pharmacies belges ont procédé au retrait de ces prescriptions.  Chaque mois, ce sont jusqu’à 4 millions de prescriptions électroniques qui sont introduites dans le système.

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