Les mots de la e-Santé : 5 minutes pour tout comprendre

Par Jérôme Lapray Le jeudi 23 mars 2017

Les nouvelles technologies sont en train de bouleverser le secteur de la santé. Elles vont de fait bousculer les rôles et missions des pharmaciens ainsi que la relation qu’ils entretiennent avec les patients.
Mais la e-santé (soit l’application des nouvelles technologies de l’information et de la communication au domaine de la santé), souvent peu avare en anglicismes, peut paraître hermétique pour le non initié qui a du mal à en délimiter clairement les contours.
Je vous propose ici de comprendre les principaux termes de la e-santé – car au fond il n’y rien de compliqué – au travers de quelques exemples, le tout en moins de 5 minutes.

les mots de la e-santé

e­Santé

Elle désigne l’application des technologies de l’information et de la communication à l’ensemble des activités en rapport avec la santé. On y retrouvera donc aussi bien les solutions de télémédecine, les dossiers médicaux partagés, les applications mobiles santé, les objets connectés ou encore la domotique à destination des seniors.

M­santé

M-health en anglais, M pour Mobile. Il s’agit d’applications santé que le patient peut utiliser sur son smartphone ou sa tablette. Elles peuvent lui permettre de collecter et
suivre l’évolution de données liées à son activité physique (sommeil, distance parcourue, …), d’être accompagné dans sa pathologie (applications dédiées à certaines maladies chroniques notamment), dans son traitement (rappels de prise) ou encore de communiquer avec ses professionnels de santé.
Certaines de ses applications sont associées à des objets connectés (les fabricants de bracelets connectées proposent par exemple une application mobile dédiée). Ces applications se sont multipliées au cours des dernières années et on en dénombre aujourd’hui plus de 100 000. Face à une telle offre les pharmaciens ont un rôle à jouer dans le conseil et la proposition d’applications, sous réserve qu’eux-mêmes sachent opérer un choix éclairé.

Objets connectés

Comme pour les applications santé, on retrouvera des objets dédiés au bien-être (les bracelets connectés par exemple) et des objets permettant de mesurer spécifiquement une constante à valeur médicale (tensiomètre connecté, une pilulier connecté pour l’observance, etc…). Ce marché, qui échappe aujourd’hui à la pharmacie, connaît une forte croissance. Les Français sont d’ailleurs demandeurs et souhaitent à 64% que les objets connectés soient avant tout développés dans le domaine de la santé*.
*64% – baromètre BVA « Les Français et les objets connectés» février 2014

64% des Français souhaitent que les objets connectés soient avant tout développés dans le domaine de la santé Click To Tweet

Quantified Self

On peut traduire ce terme par « mesure de soi ». Le quantified self est la pratique qui consiste à mesurer des données relatives à son corps et à son activité physique.
Cette mesure peut être réalisée grâce à une application mobile ou un objet connecté. S’il a encore le plus souvent à voir avec le bien-être (par exemple mesure de l’activité physique), le Quantified Self peut aussi trouver des applications plus « médicales » au travers de dispositifs plus spécifiques (tensiomètre, balance, pilulier,
…) et surtout grâce à l’analyse et l’accompagnement que peuvent apporter les professionnels de santé.

Hébergement de données de Santé

La e-santé et toutes ses déclinaisons se traduisent par une croissance exponentielle des données de santé collectées (on estime qu’elles seront multipliées par 20 d’ici 2020) et interrogent quant à l’utilisation qui en est faite et au respect de leur confidentialité. En France, nous disposons de l’un des meilleurs systèmes de protection des données de santé.
En effet, au-delà des déclarations obligatoires faites auprès de la CNIL (Commission National Informatique et Libertés – voir en particulier les recommandations de la CNIL en matière de quantified Self et l’étude parue en mai 2014), les données de santé, particulièrement sensibles, font l’objet en France d’une réglementation renforcée avec l’obligation que leur hébergement soit réalisé auprès d’un Hébergeur de Données de Santé agréé par le Ministre en charge de la santé. Cet agrément a pour objectif d’apporter toutes les garanties indispensables en matière de confidentialité, sécurité et d’accès aux données personnels des patients (ndlr – retrouvez ici la liste des hébergeurs agréées).

Télémédecine

La télémédecine est la pratique médicale qui, via les nouvelles technologies, permet de mettre en relation le patient avec un ou plusieurs professionnels de santé pour par exemple :

  • établir un diagnostic (téléconsultation) ;
  • demander l’avis d’un expert (télé-expertise) :
  • assurer le suivi du patient (télésurveillance)

Ces pratiques ouvrent de nouvelles perspectives en matières d’accès aux soins et de coordination entre les professionnels de santé.

Silver economie

Elle regroupe l’ensemble des activités économiques s’adressant aux personnes âgées. La silver économie est souvent associée à la e-santé car nombre de ses applications apportent des réponses fortes aux enjeux du vieillissement de la population (en 2030, plus de 20 millions de Français auront plus de 60 ans, contre 15 millions aujourd’hui).
Elles peuvent prolonger le maintien à domicile des seniors grâce à l’amélioration de l’accessibilité et à la sécurisation du domicile (domotique, capteurs d’activité par exemple) ou permettre de limiter les risques iatrogéniques (pilulier connecté par exemple).

Big Data santé

A l’origine utilisé dans le domaine du marketing, le big data est l’ensemble des systèmes permettant de collecter, traiter et analyser des volumes très importants de données, ayant souvent à voir avec les comportements des individus. Dans le domaine de la santé, devant l’explosion du volume de données de santé, le big data offre des perspectives uniques pour anticiper et prédire des phénomènes de santé majeurs, par exemple dans le domaine de l’épidémiologie, ou encore mesurer en temps réel l’efficacité de mesures de santé publiques ou de nouveaux dispositifs.

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